D’emblée,
je me corrige; je ne suis pas un guerrier, un soldat; mon travail se fait dans
un bureau, de 9 à 5 et non sur un champ de bataille. J’aurais plutôt dû écrire
artiste martial, ou même combattant, mais là encore, ça peut changer selon la
journée. Ce qui est certain c’est qu’à tous les jours, j’ai à me battre, ne
serait-ce que contre moi-même. La vérité, c’est que je suis paresseux et
sédentarisé et j’ai besoin de toute ma volonté pour aller contre mes envies de
divan, de série télé ou de réseaux sociaux quand vient le temps de bouger.
Comme
plusieurs de mes collègues sur les tatamis, je suis un pratiquant de longue
date, qui aujourd’hui se retrouve dans le rôle du combattant de loisirs, celui
qui n’est plus dans les compétitions, n’enseigne qu’à temps partiel et ne
pratique que quelques heures par semaines. J’ai échangé mon 6-pack contre un
peu d’embonpoint et mes 20-25 heures d’entrainement par semaine pour 5-6 heures
de pratique et d’enseignement aux jeunes.
Il
n’en reste pas moins que je suis un passionné, je passe mes journées à y rêver,
y penser. Dans ma tête, je suis toujours en mode combat, en mode arts martiaux.
J’ai eu la chance de commencer mon parcours martial à 7 ans, avec le Judo et
depuis, je n’ai arrêté le combat qu’une seule année, suite à une blessure; la
plus longue et déprimante de ma vie. Je réalise que je ne peux plus m’entrainer
autant qu’avant, mon corps suit de moins en moins et mes obligations familiales
m’obligent à être un père responsable. Malgré tout j’ai la chance, d’avoir une
femme compréhensive qui laisse sa fille de 5 ans se faire projeter par son
père; ma fille suit mes traces. C’est en partie pour elle que je suis retourné
vers mon art d’origine, le Judo; j’étais si près de l’enseignement, d’atteindre
mon Shodan, je ne voulais pas être le père qui a lâché si près du but. Je veux
être un modèle pour ma fille et les autres jeunes autour.
Aujourd’hui,
j’enseigne le Judo, je passe aux prochaines générations le savoir que j’ai
acquis et que je continue d’apprendre. J’aspire même à intégrer l’enseignement
d’un cours régulier de Systema et Jujutsu à mon horaire. Je suis peut-être plus
vieux et magané que je ne l’étais il y a quelques années, mais j’en ai encore
plusieurs bonnes à venir et je commence à peine à enseigner. Pour moi, maintenant, l’enseignement est
la base de ce qui me motive et je suis très reconnaissant aux instructeurs du Club de Judo Lachenaie de m'avoir accueilli parmi eux.Je salue haut et fort tous ceux qui, peu importe l'âge, débutent un art martial. Je l’ai dit, j’ai eu la chance de commencer jeune; continuer à pratiquer aujourd’hui est plus simple vu les bases sur lesquelles je m’appuie. Ce n’est pas le cas de tous, certains de nos pratiquants ont déjà vu plusieurs années passer et trouvent tout de même la motivation de venir fouler les tatamis avec nous. Ils bravent les douleurs physiques, les barrières psychologiques et trouvent le temps de commencer un nouvel art. J’éprouve un énorme respect pour vous tous, que vous veniez pratiquer pour suivre votre enfant ou pour vous-même et je suis fier de pratiquer à vos côtés. Tout autant que les instructeurs à l’avant, qui font ça depuis plus de 20 ans, vous êtes un modèle pour les jeunes de nos cours, continuez de persévérer.

