vendredi 22 janvier 2016

Hommage aux guerriers modernes



D’emblée, je me corrige; je ne suis pas un guerrier, un soldat; mon travail se fait dans un bureau, de 9 à 5 et non sur un champ de bataille. J’aurais plutôt dû écrire artiste martial, ou même combattant, mais là encore, ça peut changer selon la journée. Ce qui est certain c’est qu’à tous les jours, j’ai à me battre, ne serait-ce que contre moi-même. La vérité, c’est que je suis paresseux et sédentarisé et j’ai besoin de toute ma volonté pour aller contre mes envies de divan, de série télé ou de réseaux sociaux quand vient le temps de bouger.

Comme plusieurs de mes collègues sur les tatamis, je suis un pratiquant de longue date, qui aujourd’hui se retrouve dans le rôle du combattant de loisirs, celui qui n’est plus dans les compétitions, n’enseigne qu’à temps partiel et ne pratique que quelques heures par semaines. J’ai échangé mon 6-pack contre un peu d’embonpoint et mes 20-25 heures d’entrainement par semaine pour 5-6 heures de pratique et d’enseignement aux jeunes.


Il n’en reste pas moins que je suis un passionné, je passe mes journées à y rêver, y penser. Dans ma tête, je suis toujours en mode combat, en mode arts martiaux. J’ai eu la chance de commencer mon parcours martial à 7 ans, avec le Judo et depuis, je n’ai arrêté le combat qu’une seule année, suite à une blessure; la plus longue et déprimante de ma vie. Je réalise que je ne peux plus m’entrainer autant qu’avant, mon corps suit de moins en moins et mes obligations familiales m’obligent à être un père responsable. Malgré tout j’ai la chance, d’avoir une femme compréhensive qui laisse sa fille de 5 ans se faire projeter par son père; ma fille suit mes traces. C’est en partie pour elle que je suis retourné vers mon art d’origine, le Judo; j’étais si près de l’enseignement, d’atteindre mon Shodan, je ne voulais pas être le père qui a lâché si près du but. Je veux être un modèle pour ma fille et les autres jeunes autour.


Aujourd’hui, j’enseigne le Judo, je passe aux prochaines générations le savoir que j’ai acquis et que je continue d’apprendre. J’aspire même à intégrer l’enseignement d’un cours régulier de Systema et Jujutsu à mon horaire. Je suis peut-être plus vieux et magané que je ne l’étais il y a quelques années, mais j’en ai encore plusieurs bonnes à venir et je commence à peine à enseigner. Pour moi, maintenant, l’enseignement est la base de ce qui me motive et je suis très reconnaissant aux instructeurs du Club de Judo Lachenaie de m'avoir accueilli parmi eux.

Je salue haut et fort tous ceux qui, peu importe l'âge, débutent un art martial. Je l’ai dit, j’ai eu la chance de commencer jeune; continuer à pratiquer aujourd’hui est plus simple vu les bases sur lesquelles je m’appuie. Ce n’est pas le cas de tous, certains de nos pratiquants ont déjà vu plusieurs années passer et trouvent tout de même la motivation de venir fouler les tatamis avec nous. Ils bravent les douleurs physiques, les barrières psychologiques et trouvent le temps de commencer un nouvel art. J’éprouve un énorme respect pour vous tous, que vous veniez pratiquer pour suivre votre enfant ou pour vous-même et je suis fier de pratiquer à vos côtés. Tout autant que les instructeurs à l’avant, qui font ça depuis plus de 20 ans, vous êtes un modèle pour les jeunes de nos cours, continuez de persévérer.

Daniel, Jacques, Guy, Christian, Patrick, Stéphane et les autres, merci.

Jita Kyoei ou le fondement du randori souple

C ’est bien parce que je me suis blessé lors d’un randori avec un ami que je me décide à écrire sur le sujet, peut-être qu’inconsciemme...